Editors : In Dream en sommeil profond

EDITORS  by Rahi Rezvani(11) 35x26 cm 300dpi

Ça ne commence pourtant pas si mal… « No Harm » délivre ses volutes mélodiques mélancoliques avec grâce, poussées par la voix caverneuse de Tom Smith. Puis ce nouvel album d’Editors s’enchaîne avec un « Ocean Of Night », qui laisse encore quelques espoirs. C’est ensuite que ça se corse…

A ses débuts comparé à Interpol, Editors faisait dans le post rock noir brillant, avec ce niveau cependant bien en-dessous de ses cousins américains. Tout ceci avait quelque chose de presque touchant, dans cette singerie plutôt de bonne facture. Les albums suivant écartèrent ensuite le groupe de Birmingham de tout espoir de devenir véritablement grand, jusqu’à l’insupportable The Weight Of Your Love, sorti en 2013.

Editors_-_In_Dream
In Dream, le cinquième album d’Editors, ressemble en effet plus à un cauchemar, voire un naufrage. Exit les guitares (mais bon, pourquoi pas), exit la dynamique latente, en rétention, qui ne demandait qu’à exploser, présente sur les deux premiers albums du groupe. In Dream se perd ici dans un labyrinthe vocal sans sortie possible dès le troisième morceau, « Forgiveness ». Mais le pire est atteint sur des titres comme  » Life Is A Fear », maladresse ringarde au possible, avec son refrain qu’on n’aimerait même pas entendre chez le coiffeur ou au Franprix ; et sur « At All Cost », où Tom Smith, malgré sa voix si caractéristique et un timbre que beaucoup pourraient lui envier, fait plutôt dans l’inspiration low cost. Presque gênant…

In Dream est un disque tout simplement pénible et laborieux. Le choix, la direction artistiques que le groupe a décidé de prendre il y a trois albums se perdent dans le doute, se noient dans les méandres de leur propre univers. Dommage. On souhaite cependant une excellente carrière solo à Tom Smith, et ce sans ironie : le bonhomme tire la couverture vers lui depuis trois ou quatre ans. Assumer sa grandiloquence, émanciper son talent certain serait de quitter le navire, pour le meilleur, car le pire est déjà fait.

Arnaud de Vaubicourt

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