Foals – What Went Down : ce qui est tombé…

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Indice de satisfaction : 4,7/10

La technique de Sioux qui consiste à balancer l’un des meilleurs titres rock depuis des années en guise d’amuse-gueule promotionnel fut un petit coup de génie. En juin sortait le titre éponyme de ce quatrième album de Foals, « What Went Down », pure claque mélodique, rythmique, harmonique. Le « math-rock » auquel Foals nous avait habitués volait en éclat pour se muer en une gigantesque cathédrale sonore rageuse, habitée. Le clip qui l’accompagnait, anxiogène, minimaliste, épuré, ne faisait qu’enfoncer le clou d’une idée certaine : le nouvel album des Anglais serait l’événement rock de cette rentrée 2015.

Puis le teasing à coups de singles continua : « Mountain At My Gates » (on notera l’étrange position du « s » marquant le pluriel), deuxième cartouche du disque, qui laissait sentir des effluves plus pop (pourquoi pas) avec un final néanmoins très costaud (oh oui merci !). La suite ? Un troisième extrait livré en août (quand les gens sont en vacances donc peut-être un peu moins sur Deezer & Co), « A Knife In The Ocean », portait malheureusement trop bien son nom : oui, c’était bien un coup d’épée dans l’eau.

Vint le 28 août donc, et la sortie du successeur du dispensable Holy Fire, du merveilleux Total Life Forever (déjà un classique) et du très novateur Antidotes. Le miracle n’eut pas lieu. De toute façon les miracles sont rares, et par essence ne préviennent jamais. Or Foals avait trop prévenu, avait vidé son chargeur avant la sortie de l’album. Mesdames et messieurs : nous vivons bel et bien à l’ère du single.

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Ce quatrième album du groupe originaire d’Oxford (ville qui peut se targuer d’avoir vu naître Ride, Radiohead ou Supergrass) est raté. Yannis Philippakis et sa bande ont donc tout misé sur leurs deux premiers singles, mais l’écoute intégrale et répétée de What Went Down n’a malheureusement rien d’aussi excitant. « Birch Tree », qui renoue avec les sonorités d’Antidotes, aura sa place dans un best-of du groupe. En revanche, des titres comme « Give It All », « Albatross » ou « Night Swimmers » sont poussifs et semblent avoir été composés avec cette énergie du désespoir caractéristique du manque d’inspiration, cette impuissance de réitérer le tour de force du titre « What Went Down ».

Mais tout n’est pas si noir : Foals retombe à peu près sur ses pieds avec « Snake Oil » et sa puissance formelle, puis sur « Lonely Hunter », morceau plus fluide sur lequel on sent que le groupe y met du sien. Qu’il y croit.
Au final, What Went Down est comme un livre ou un film dont l’auteur ou le réalisateur n’aimerait pas vraiment ses personnages secondaires. Les rôles principaux tenus par deux ou trois titres sont brillants. Mais on sait que les rôles secondaires ont aussi toute leur importance pour obtenir la Palme. What Went Down n’est pas écrit sous la forme interrogative… Et c’est bien normal, car Foals sait exactement ce qui est (re)tombé : la fulgurance de Total Life Forever. Peut-être pour toujours.

(Foals sera en concert ce vendredi 4 septembre au Cabaret Sauvage à Paris, puis le 2 février 2016 à l’Olympia, Paris)

Arnaud de Vaubicourt

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