New Order – Music Complete

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Indice de satisfaction : 7,5/10

Si l’on exclut Lost Sirens, gros EP de raretés paru en 2012, Music Complete est le premier album de New Order depuis Waiting For The Sirens’ Call (2005). Entre temps, des choses pas très agréables se sont produites, à savoir -essentiellement- le départ de Peter Hook du groupe, bassiste pilier et cofondateur des Mancuniens. Qu’à cela ne tienne : Bernard Sumner, Stephen Morris, Tom Chapman et Phil Cunningham retrouvent pour l’occasion Gillian Gilbert, qui fait sur cet album un retour en grande pompe. Côté production, Music Complete a également bénéficié des aides précieuses de Tom Rowlands, la moitié des Chemical Brothers, sur trois titres (« Singularity », « Unlearn This Hatred » et dans une moindre mesure, « Tutti Frutti ») ainsi que de Stuart Price (Les Rythmes Digitales) sur un titre, « Superheated ».

Music Complete marque clairement le retour de New Order du côté des claviers et de la rythmique balancée pour faire bouger le popotin. Hormis le premier single, « Restless », titre ultra pop qui n’est pas sans rappeler les morceaux de Get Ready (2001), l’album tourne autour de l’electro, virevolte même parfois dans des contrées techno (le difficile « Plastic ») voire le groove efficace et synthétique mais un tantinet putassier, « Tutti Frutti », avec Elly Jackson de LaRoux en duo ; tout comme le très funky « People On The High Line », façonné pour les clubs. Bref, New Order semble nous dire qu’on est là pour danser. Pourquoi pas.

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On aurait pourtant tort de prendre Music Complete pour un robinet à tubes dancefloor. Le véloce « Singularity », aussi percutant soit-il, recèle cette dangerosité mélodique, ce sens vertigineux de l’harmonie que l’on pouvait ressentir sur des vieux titres comme « Bizarre Love Triangle » ou  » Regret ». « Stray Dog », chanté par Iggy Pop s’il vous plait, est lui un interlude sombre et hostile niché au milieu de l’album, évoquant tour à tour une bande originale d’un film de David Lynch ou une course à pieds macabre pour échapper à un danger… De danger, il est cependant peu question sur Music Complete. New Order veut avant tout (re)faire peau neuve en remettant ses logiciels à jour. S’offrir une seconde jeunesse finalement bien méritée.

Et le pari est réussi. Si le meilleur morceau du disque, « Academic » (en rude compétition avec « Nothing But A Fool » et « Superheated »), jure un peu -par sa teneur musicale- face au reste, c’est de toute façon de bon augure : le paradoxe et le contre-pied font partie du cahier des charges artistique du groupe anglais depuis ses débuts, fomentés sur les cendres de Joy Division. Music Complete se clôt finalement sur un ballade pop en accélérée (avec Brandon Flowers, de The Killers en featuring), comme pour rappeler que si les machines sont les armes principales de ce 10ème album, l’organique, la volonté de « faire des chansons » primait, prime et primera toujours chez les magnifiques New Order.

Arnaud de Vaubicourt

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